Les animateurs des clubs Coup de Pouce Clé sont des professionnels formés par l'Apféé et rémunérés par les municipalités. Nous connaissons la générosité de bien des associations locales, ainsi que l'inventivité dont font preuve beaucoup de bénévoles. Mais l'expérience nous a montré que le recours au bénévolat était incompatible avec ce qui est la clé de l'efficacité de notre action, évaluée chaque année : le respect strict d'un protocole dûment accepté et des méthodes utilisées.
La réponse est oui et non ! Le mot illettrisme est relativement "nouveau" : il a fait son apparition dans la langue française en 1983. On convient en général d'appeler illettrisme l'état des adultes qui rencontrent des difficultés pour lire et écrire. Le phénomène social correspondant, lui, n'est "pas nouveau" : il a toujours existé.
Non, absolument pas. Les enfants en difficulté de lecture ont toujours été nombreux mais, autrefois, cela posait moins de problèmes. A titre d'exemple, la première étude portant sur les résultats en lecture à la fin de la première année de scolarité obligatoire a été réalisée au début du vingtième siècle dans les écoles de Paris intra muros par le célèbre psychologue Alfred BINET ; il constate alors que 3 enfants sur 10 ont un niveau de lecture nul. Il est probable que, contrairement à ce que pourrait suggérer la question, les compétences en lecture des jeunes qui quittent le système scolaire sont supérieures à ce qu'elles étaient autrefois. Une certitude en tout cas : les jeunes ont plus de compétences en lecture que leurs aînés. Mais, "'autrefois", être "en difficulté d'accéder rapidement au sens d'un texte simple" n'empêchait pas d'accéder à une majorité d'emplois et de connaître une réussite professionnelle et sociale. Tel n'est plus le cas aujourd'hui. En résumé, l'illettrisme n'est pas nouveau, il est de moindre ampleur qu'autrefois. Mais il est devenu source d'exclusion professionnelle et sociale. Faut-il par ailleurs le rappeler, à ceux qui idéalisent "l'autrefois" : au début des années 1950, environ trois enfants sur quatre n'accédaient pas au collège et neuf sur dix n'accédaient pas au lycée ?
Le rôle de l'école est de transmettre des connaissances et des valeurs. C'est une institution que certains parents n'osent pas ou ne veulent pas aborder. Le premier rôle du Coup de Pouce Clé est d'instaurer un espace privilégié entre l'école et la maison sans que les enfants y voient la source d'un conflit avec leurs familles, lorsque celles-ci ont d'autres références. Un second rôle du Coup de Pouce Clé est de "mettre les parents dans le coup", de les aider à se sentir responsables de la réussite scolaire de leurs enfants, alors qu'ils s'en croient incapables. Chaque parent peut encourager son enfant même s'il n'a pas eu la chance de suivre des études, même s'il parle peu ou mal le français. Le Coup de Pouce Clé ne se substitue pas à l'école, et si l'animateur est parfois un enseignant, ce n'est jamais le maître des enfants du club. Il a été formé spécifiquement pour cette tâche et accomplit sa mission dans le respect du cahier des charges de l'Apféé. L'animateur n'est pas un pédagogue qui réussirait ce que l'école aurait raté : il donne à l'enfant le moment auquel il devrait avoir droit à la maison. Il donne de la valeur à ce qui est appris en classe par son utilisation en dehors du temps d’enseignement.